A Potosi, on a bonne mine

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Lundi 30 octobre : En route pour Potosi (Merlin)

Aujourd’hui on s’est réveillés à 9 h 26 précisément. Après nous avons pris le petit déjeuner  et nous avons fait les leçons.Nous avons ensuite pris le bus pour Potosi : la ville où il y a les mines. Ça a duré 4 h 34  : c’était très beau. Quand nous sommes arrivés à Potosi j’étais content de sortir du bus est d’arriver.

Mardi 31 octobre : Visite de la mine de Potosi (Malo)

Pour une aventure, nous avons vécu une vraie aventure dans les mines de Potosi. On avait beaucoup entendu parler de ces mines, de par leur dangerosité mais aussi leurs conditions de vie très difficiles.
Nous sommes donc partis dès 8h du matin dans un 4/4 jusqu’au marché des mineurs. En effet, il est recommandé, pendant la visite de donner des petits « cadeaux » aux mineurs (feuilles de coca, rafraîchissements). Nous avons donc acheté de quoi faire plaisir aux mineurs.
Après ce petit stop au marché, nous sommes partis nous équiper de casques, lumières, combinaisons, bottes dans un hangar avant de partir assister au tri, mécanique et chimique, de la roche et des minéraux. On a pu voir que, finalement, l’argent ressemble à de la boue un peu mousseuse qu’on a même pu prendre dans nos mains.
Après être devenus des experts sur le tri des minéraux, nous sommes enfin partis vers la montagne cerro Rico, où se trouvent les mines.
Après avoir suivi une route caillouteuse pendant un 1/4 d’heure, nous sommes enfin arrivés à l’entrée de la mine que nous avons visité en long et en large pendant 1 heure et demi. La montagne Cerro Rico était comme un dieu pour les indigènes avant l’arrivée des Espagnols. Ils connaissaient sa richesse en argent mais ne l’exploitaient pas. L’arrivée des Espagnols a donc provoqué un grand tournant dans la vie des locaux.
Dès leur arrivée, les colons ont été impressionnés par la quantité d’argent. D’après notre guide, avec tout l’argent extrait de la mine, on aurait pu construire un pont de la Bolivie à L’Espagne.
Les indigènes, puis plus tard les esclaves africains, se sont succédés dans la mine, travaillants jusqu’à la mort.
D’après notre guide, également, on aurait pu faire un pont de cadavres rejoignant la Bolivie à L’Espagne. Ce n’est qu’à partir de l’indépendance de la Bolivie (1825) que le travail des mineurs a été reconnu.
Aujourd’hui, c’est près de 3000 personnes qui travaillent dans les mines (ils étaient 30 000 en 2002). La vie de mineur repose sur un immense paradoxe. Ces derniers sont certes les mieux payés de la ville, mais leur espérance de vie est aussi la plus courte de Potosi. La plupart d’entre eux meurent de maladies pulmonaires au plus tard à 45 ans. Comme partout en Bolivie, il y a beaucoup de corruption dans l’exploitation des mines. Les compagnies qui exportent les minéraux n’achètent pas aux bons prix les minerais aux mineurs. Les conditions sont quand même extrêmes et dangereuses dans la mine : la montagne est creusée à la dynamite et va bien finir par s’écrouler en enfouissant des centaines de personnes, les brouettes et les chariots poussés par les mineurs sont très très lourds, des gaz toxiques sont libérés à certains endroits de la mine. Les mineurs se remettent donc à un dieu à l’image d’un diable à qui ils offrent des feuilles de coca et des cigarettes comme offrande pour les protéger dans la mine.
Dans ces conditions, le travail des mineurs est assez compliqué à comprendre puisque ils ne pourront pas profiter de leur vie et de l’argent qu’ils auront gagné.
Pendant la visite nous avons été surpris par deux séries d’explosions de dynamite pas forcément très rassurantes mais ça s’est quand même très bien passé. Les mineurs étaient contents de voir des enfants dans la mine et nous souriaient chaque fois qu’on les croisait. Certains avaient même commencé à travailler dans la mine des 13 ans (j’en ai 14…) et étudiaient le soir après leur travail. C’était une expérience assez particulière car c’est quand même un choix pour les mineurs de faire ce travail, un choix que je ne ferai pas pour ne pas mourir sans avoir profité de ma vie, gagner tout cet argent au dépit de la santé.

Mercredi 1er novembre : Un tour au musée « La Casa de la Moneda » (Yves)

Au lendemain de la visite des mines de Potosi, nous commençons la journée par une séance scolaire articulée autour de notre expérience de la veille. Chacun des garçons est invité à exprimer son ressenti comme il l’entend. Malo et Saïk décident de raconter leur expérience par écrit. Merlin opte lui plutôt pour un dessin.
Depuis notre arrivée en Bolivie, nous avons plutôt bien réussi à intégrer l’apprentissage scolaire à notre voyage. Le fait de nous être posés plusieurs jours à La Paz et à Sucre nous a aidés à installer une régularité dans les séances scolaires. Même si 90 % d’entre elles commencent toujours par des soupirs (au mieux), quand ce ne sont pas de gros jurons…
Néanmoins, nous avons le sentiment d’être sur les bons rails, et nous nous sommes du coup engagés auprès des garçons à leur offrir des mini-vacances d’automne, lors de notre périple entre le salar d’Uyuni et Tupiza en fin de semaine.
En attendant, nous entendons bien profiter de notre séjour dans la ville la plus haute du monde (Potosi se trouve à 4100 m d’altitude, plus haut que Llassa au Tibet) pour continuer à nous imprégner de l’incroyable histoire de cette cité.
Après notre descente dans les mines mardi, nous décidons d’emmener les garçons visiter la casa de la moneda.
Pendant des siècles, c’est derrière les murs de ce superbe édifice que furent frappées les pièces de monnaie qui assurèrent la fortune de la monarchie espagnole. L’argent coulait tellement à flot qu’on a même aperçu des pots de chambre en argent pendant notre visite !!!!
On ignore la quantité d’argent qui fut extraite de la montagne de Potosi, mais une croyance populaire affirme qu’elle aurait permis aux Espagnols de construire un pont d’argent jusqu’en Espagne.
Pendant les années d’opulence, alors que l’argent semblait inépuisable, la cité devint la plus grande d’Amérique et l’une des plus riches du monde. Mais quand le filon commença à s’épuiser, la ville sombra dans le déclin et sa population dans la misère.
Ainsi vont les hommes…
Au fil de la visite, nous découvrons notamment les immenses engrenages en bois mus par des mules qui servaient à façonner les pièces. Avant que ces derniers ne laissent leur place aux machines à vapeur au XIXe siècle.
Petit clin d’œil de l’histoire, c’est chez Oberthur à Chantepie, à deux pas d’Ouest-France, que sont aujourd’hui imprimés les billets de banque boliviens.

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Après la visite de la Casa de la Moneda, nous avons terminé la journée en nous baladant dans les rues de Potosi. Petite surprise, si nous savions les Boliviens attachés à la fête des morts, célébrée le 2 novembre, nous ne savions pas que ces derniers étaient aussi accros d’Halloween ! Les rues étaient noires de monde. Et tout le monde était déguisé.
De quoi stimuler l’imagination des garçons qui dès leur retour à l’hôtel se sont lancés dans une improbable séance de déguisements avec tout ce qu’ils ont trouvé sous la main. Il n’en fallait pas plus pour que la journée ne se termine dans un grand éclat de rire…
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