Perito Moreno, Fitz Roy… on y est

Les photos

Lundi 27 : El Calafate… tout ne se passe pas comme prévu (Estelle)
On devrait normalement récupérer une voiture de location à partir de demain – pour remonter La Patagonie argentine jusqu’à chez notre amie Elizabeth.
On utilise le conditionnel car on n’est pas certain que la réservation effectuée vendredi soir, soit très fiable.
Nos craintes sont très vite vérifiées. Juan, le super prévenant et gentil gérant de l’hôtel  Amançay appelle l’agence Hertz locale… et il n’y pas de voiture pour nous.
Et on fait comment, nous,  maintenant ?
Pour aller au glacier Perito Moreno demain, le transport en bus coûte une fortune pour cinq personnes.
Pour poursuivre ensuite notre voyage, on doit s’enquiller 36 heures de bus … et débourser encore une très grosse somme d’argent pour rejoindre Bariloche (Nord de la Patagonie)
Et pour couronner le tout, je ne retrouve plus nos permis internationaux – pas indispensables ici, mais obligatoires pour pouvoir conduire dans un mois en Nouvelle Zélande.

Notre barque prend l’eau.
Yves essaie de penser la suite du voyage pendant que je vide nos sacs à la recherche des permis. Je les retrouve au fond du sac d’Yves… bien rangés en prévision du moment où on en aurait besoin. OUF de soulagement !
Deuxième OUF quand Flore, la gérante de l’hôtel – elle aussi très attentive nous dégote une voiture de location pour la journée de demain. Chouette, on va pouvoir monter au glacier Perito Moreno… en maîtrisant nos frais.
Troisième OUF quand Yves trouve des billets d’avion pour rallier Bariloche … qui nous reviennent moins cher que le trajet de 36 heures de bus (sur ce coup, on bénéficie des tarifs réservés aux Argentins >>> merci les cousins de Buenos Aires).

On peut profiter du reste de la journée : manger un « disco » de gaucho – un ragout servi dans une petite marmite – c’est normalement prévu pour deux Argentins mais on mange sans souci à 5 cinq Français dessus.

On retrouve dans l’après-midi, Flavia et Nicolas rencontrés à La Paz…ils descendent vers Ushuaia et nous remontons. Ensemble, on fait une promenade le long du Lago Argentina et ses eaux turquoises… et on partage un typique asado argentin.
Je rentre avec Saïk encore bien fatigué de ces trois jours de gastro… il a désormais le cou bloqué… Les autres finissent la journée autour d’une bonne glace chez Tito (> la 2e visite de la journée pour les Gourmelon). Les glaces sont crémeuses et bien bonnes, surtout la collection des saveurs au Dulce de Leche. (8,5/10 au glaciomètre). Un autre glacier nous attend demain.

Mardi 28 : Quand on découvre le glacier Perito Moreno (Saïk)

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Pour commencer la journée nous avons pris le petit déj avant de prendre la voiture de location pour le fameux Périto Moreno. Nous avons acheté des sandwichs à la boulangerie et pris la route.
Bon c’était pas vraiment de la route mais une vielle piste totalement déglinguée mais magnifique. Les paysages étaient époustouflants :  une lagune bleu claire, des lièvres, des condors et des montagnes couvertes de neige.
Au bout d’un heure de piste, on a vu un panneau qui indiquait un lac. Nous avons fait le détour vers ce lac, mais une fois là bas on voyait pas bien. Du coup on est vite repartis vers le parc.
Une fois dans le parc national Los Glacieros, on a pris le bus pour aller au plus près du glacier Perito Moreno. Sur ce site, il y a unes succession de passerelles pour admirer le géant des glaces.
Nous avons commencé par le circuit inférieur, c’était magnifique et en même temps impressionant d’entendre des bruits de détonation – comme des coups de feu ou des coups de tonnerre provoqués par la chute de morceaux de glace.
Au bout d’un moment, on s’est arrêté manger et on a vu plein de morceaux de glace tomber du glacier. En fait, malgré les chutes de morceaux de glace dans l’eau, la taille de ce glacier ne diminue pas : même si la glace fond, il continue de grandir de 2 mètres par jour à son autre extrémité.
C’était vraiment magnifique !  Sur la passerelle supérieure, la vue était vraiment superbe👍. Je vais garder pour longtemps le souvenir de cette merveille de la nature.

Mercredi 29 : D’El Calafate à El Chalten (Malo)

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Après avoir vu la soi disant « merveille de la région » la veille (le glacier Perito Moreno), nous avions prévu de partir pour la capitale nationale du trekking : la ville d’El Chalten.
Pour commencer d’un bon pas la journée nous avons fait un peu d’école à l’hôtel. Nous nous sommes ensuite préparés à partir en disant au revoir à Flore et Juan, les gérants de l’hôtel Amancay qui est top surtout grâce à eux. On vous recommande vraiment de loger là si un jour vous venez à El Calafate.
Les taxis argentins n’acceptant pas de prendre 5 personnes dans leur véhicule, maman et moi sommes donc allés à pied jusqu’au terminal terrestre pendant que papa et les gars emmenaient nos sacs à destination en taxi. Nous avons mangé au terminal avant de monter dans le bus, au premier rang.
Flavia et Nicolas nous avaient parlé du paysage et de la vue magnifique sur les montagnes aux alentours. En point de mire, nous avions le fameux Mont Fitz Roy… on  s’en est approché jusqu’à arriver à son pied.
Après un peu moins de 3 heures de bus, nous étions à destination :  à El Chalten. Nous avons marché une petite demi heure jusqu’à notre hôtel.
En arrivant, papa et maman sont allés faire des courses pendant que nous jouions au foot. Nous avons mangé et nous nous sommes couchés de bonne heure pour être en pleine forme le lendemain en vue d’une grosse randonnée.

Jeudi 30 : Rando au Lago Torre (Malo)

Nous sommes à El Chaltèn, la capitale nationale du trekking. Nous décidons donc, dès notre premier jour complet dans cette ville, de nous lancer directement dans une grosse rando de 20 kms : la randonnée du lago Torre.
Nous voilà donc partis après avoir mangé un bon petit dej’ dans cette randonnée de 8h aller-retour.
Le paysage est vraiment magnifique et, tout au long de la rando nous nous rapprochons du Cerro Torre, culminant juste au dessus du lac qui était notre point d’arrivée. Après 4 heures de marche, plutôt en montée, nous arrivons enfin à ce lac et son point de vue magnifique sur les pics montagneux des alentours. Nous prenons donc le temps de manger en regardant les mouvements du glacier se jetant dans le lac. Nous avons une grande chance, les nuages qui chatouillent le sommet du Cerro Torre se dégagent pendant notre pause. Le sommet et ses voisins s’offrent ainsi à nous, complètement nus. C’est magnifique

Malheureusement, la route jusqu’à ce lac est unique, impossible de faire une boucle et de rentrer à El Chaltèn dans la même journée. Nous reprenons donc le même sentier que plus tôt dans la journée. En rentrant, nous nous arrêtons jouer dans un petit ruisseau une demi heure avant de repartir pour la dernière ligne droite jusqu’au village.
A l’arrivée la douche et le plat de pâtes sont les bienvenus. Nous partons nous coucher fatigués par cette journée bien remplie.

Vendredi 1 : Journée off à El Chalten (Merlin)

Aujourd’hui on s’est réveillé à 9 h. Ça m’a fait drôle de me réveiller à 9 h tout seul sans réveil . Après on a pris le petit déjeuner. Après, avec Saïk et Malo on a fait un foot  pendant 30 minutes. On habite pour 4 jours dans une petite cabane, et c’est facile de jouer au ballon tout autour. J’aime bien cet endroit.
IMG_4170.jpgAprès le foot, on a fait nos leçons. Après on a refait un foot et nous avons regardé en direct sur la TV de l’hôtel le tirage au sort de la Coupe du Monde. On était super contents de voir que le Pérou jouerait contre la France… malheureusement on en verra pas ce match car nous serons en Mongolie (et on en devrait pas réussir à y trouver une télé). Nous avons ensuite mangé une omelette.
Dans l’après-midi, nous avons encore fait un foot avec papa. C’est moi et Malo qui avons gagné 🏆aux penaltys contre Saïk et papa ⚽️🥅. On a mangé des pâtes 🍝 pour faire le plein d’énergie avant la grande randonnée prévue demain.

Samedi 2 : Vers le Fizt Roy > la plus longue Rando depuis notre départ (Yves)

Après une journée de récupération, nous décidons de nous attaquer au gros morceau de notre séjour à El Chaltèn : le trekking vers la laguna de los tres, située juste au pied du mont Fitz Roy.

Depuis notre arrivée à El Chaltèn, ce dernier nous fait de l’œil avec sa crête ciselée qui hypnotise les regards. Le Fitz Roy ne fait pas partie des plus hauts sommets du monde (3405 m), mais tous les alpinistes vous le confirmeront, il fait partie des plus mythiques, tant il s’avère compliqué à apprivoiser.

Pourtant, nous avons longtemps pesé le pour et le contre avant de nous lancer dans cette éprouvante rando de plus de 8 h avec les garçons. Même s’ils ont déjà eu l’occasion de nous épater par leur endurance depuis notre départ, nous avons conscience d’explorer une nouvelle frontière (en particulier pour Merlin et Saïk) avec ce gros trek classé parmi les plus difficiles au départ d’El Chaltèn.

Mais eux aussi semblent hypnotisés par le Fitz Roy… Et la rando de jeudi jusqu’à la la laguna Torre s’est super bien passée… C’est finalement le réceptionniste de notre auberge de jeunesse, bluffé par l’énergie déployée par les gars à courir derrière leur ballon dans le jardin de l’hôtel, qui achèvera de nous convaincre. « Vu l’enthousiasme qu’ils dégagent, vous pouvez y aller sans souci », nous affirme-t-il. Cette fois, c’est décidé, on y va.

Plutôt qu’opter pour le traditionnel aller-retour au départ d’El Chaltèn, nous décidons de suivre les conseils de notre ami réceptionniste et d’opter pour la version « en ligne » au départ d’El Pilar, qui permet d’arpenter deux chemins distincts à l’aller puis au retour.

Il est un peu moins de 9 h lorsque notre collectivo nous arrête à El Pilar après 45 minutes de trajet sur une piste caillouteuse. La chance est avec nous, il fait encore un soleil éclatant et la vue sur le Fitz Roy et les monts qui l’entourent est déjà fabuleuse.
Nous longeons d’abord le Rio Blanco pendant un petit kilomètre avant de nous enfoncer dans une forêt digne du Seigneur des anneaux. Nous cheminons sur un sentier où les branches des arbres s’entremêlent aux souches mortes dans une incroyable farandole.

Malo et Saïk galopent comme des cabris et disparaissent très vite à l’horizon. En revanche Merlin a plus de mal à se mettre en route.

Après deux heures de rando, nous nous accordons une courte pause au camp Poincenot, du nom de l’alpiniste français emporté par le Rio Fitz Roy lors de la conquête victorieuse du  sommet en 1952 par les Français Lionel Terray et Guido Magnone.
Merlin a retrouvé son entrain, en revanche, nous n’apercevons toujours pas Saïk et Malo ce qui a vocation à inquiéter Estelle. Ces derniers sont partis en éclaireurs sans eau ni ravitaillement. Or nous ne sommes plus très loin désormais de la difficile montée qui doit nous conduire à la laguna de los tres.
Dès les premiers lacets, nous nous apercevons très vite que cette dernière ne sera pas une sinécure. Certes nous avions imaginé quelque chose d’assez difficile, mais la réalité va bien au delà. On est plus proche de l’escalade niveau 1 que de la randonnée niveau 3 !!!

Après 45 minutes à sauter d’une pierre à l’autre, le sommet se fait toujours autant désirer, mais nous sommes, déjà partiellement, récompensés de nos efforts par la présence d’un immense condor qui vient tournoyer au dessus de nos têtes.

Après une heure de grimpette, nous finissons par rejoindre Saïk et Malo qui ont (enfin !) décidé de nous attendre pour boucler l’ascension. Un petit quart d’heure plus tard, nous arrivons tous les cinq à la laguna. Nous avons bien fait de nous accrocher. Car le panorama est époustouflant.

Non seulement le Fitz Roy trône comme un roi au centre de la carte postale au milieu des autres sommets qui l’encadrent, dont le Mont Saint-Exupéry (hommage au père du Petit Prince qui a dirigé l’aeropostale argentine de 1929 à 1931), mais la lagune est quasiment entièrement gelée, ce qui lui confère une stupéfiante couleur turquoise. Et quel que soit l’endroit où on pose les yeux, le point de vu est incroyable !

Pour prolonger le plaisir, nous décidons du coup de rester manger notre pique nique tout là-haut.
On est heureux d’avoir réussi à monter jusque là, mais on n’oublie pas que cela fait déjà 4 h 30 que l’on crapahute et que nous sommes seulement qu’à la moitié de notre trek.

Sans surprise, la descente s’avère d’ailleurs aussi compliquée que la montée. Il existe de telles différences de hauteur entre les rochers que Merlin est régulièrement obligé de s’asseoir et de glisser d’une roche à l’autre comme s’il faisait du toboggan.
C’est éprouvant pour tout le monde et lorsque nous arrivons en bas, nous avons déjà vidé nos réserves d’eau.
Mais magie de la Patagonie, l’eau qui coule dans les torrents est d’une pureté éclatante et il suffit de plonger ses bouteilles dans le rio pour refaire ses réserves.
Au fil de l’après-midi et des kilomètres, les jambes auront peu à peu tendance à s’alourdir, mais stimulés par la recherche des bornes kilométrique et quelques pauses bonbons en guise de ravitaillement, les gars réussiront à garder le rythme jusqu’à El Chaltèn.

Il est un plus de 18 h lorsque nous regagnons notre petite cabane. Nous avons avalé plus de 25 km en montagne en un peu plus de 9 h. Nous sommes vraiment fiers de nos gars. On ne sait pas s’ils parviendront à valider leur année scolaire en maths et en français, mais ce qui est certain c’est qu’en EPS, ils peuvent déjà passer dans la classe supérieure.

Un bonheur ne venant jamais seul, le Stade Rennais a encore gagné et c’est dans une ambiance festive que nous terminons cette journée autour d’un plat d’empanadas et d’une grande bouteille de coca.

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