De Cebu à Bohol : tarsiers, chocolate et un peu d’école

Les photos

Dimanche 11 mars : Dimanche religieux à Cebu (Yves)

Le voyage entre l’Indonésie et les Philippines n’a pas contribué à effacer le doux souvenir des quinze derniers jours passés en compagnie de grand-mère et des cousins. Après deux semaines intenses à dix, c’est un peu comme si nous ouvrions un nouveau chapitre de notre voyage et qu’il nous fallait réapprendre à vivre à cinq. Merlin est perdu sans son cousin Martin avec qui il s’est entendu comme larrons en foire pendant deux semaines. Saïk n’est pas enchanté à l’idée de devoir reprendre une activité scolaire régulière. Malo, en bon Breton, en a déjà marre de la chaleur moite de l’Asie. Et nous, nous nous sentons un peu sur la jante après huit mois de nomadisme.
Allez, je vous vois venir avec votre sourire en coin : ils charrient un peu les Gourm Trotters. Cela fait huit mois qu’ils sont en vacances, et ils vont nous faire croire qu’ils sont crevés… Et ben oui, cela fatigue de voyager !!!!
Demandez à Magellan ce qu’il en pense. C’est en effet à Cebu que s’est achevé en 1521 le long voyage autour du monde du célèbre explorateur portugais travaillant pour la Reine d’Espagne. Pas parce qu’il était fatigué (quoi qu’un peu quand même), mais parce que c’est ici qu’il a été tué d’une flèche empoisonnée, tirée par Lapu-Lapu, le roi d’un minuscule îlot qui refusait de se soumettre.

« Le monde est un seul pays », écrivait l’évêque sud africain Desmond Tutu, prix Nobel de la Paix en 1984. Avec Magellan, nous avons une nouvelle fois la preuve que lorsqu’on y regarde de près, toute l’histoire du monde s’imbrique, comme dans un grand jeu Légo. Ce dernier a rythmé notre périple dans le Sud de la Patagonie. Et voilà qu’on le recroise aux Philippines !!!
Nous commençons notre déambulation dans les rues de Cebu par une escale devant la Basilica Minore del Santo Niño. Elle a été construite à l’endroit où une sculpture représentant l’enfant Jesus, fut trouvée par les explorateurs espagnols en 1965, puis conservée dans une boîte brûlée qui avait été abandonnée au cours de l’expédition de Magellan en 1521.
Car si Magellan a perdu la vie à Cebu, il a quand même eu le temps de semer la graine du christianisme aux Philippines. Nous sommes dimanche matin et la basilique est bondée. Il y a même des tribunes et des écrans géants installés tout autour de cette dernière pour permettre aux gens d’assister à la messe. Lors de nos quatre mois et demi en Amérique du Sud, nous avions déjà pu nous rendre compte du rôle majeur encore joué par la religion dans cette partie du globe. Mais aux Philippines, tout semble multiplié par dix. Ici, plus de 90 % de la population se revendique de confession chrétienne. Et cela se voit. Il y a une queue de plusieurs centaines de mètres pour aller se prosterner devant la statue de l’enfant Jésus. Du coup, nous décidons de passer notre tour et de marcher jusqu’à la Croix de Magellan, installée dans une petite chapelle un peu plus loin. Cette dernière est en fait un vestige de la première croix plantée par l’explorateur portugais en 1521.
Puis nous poursuivons notre déambulation dans la ville basse de Cebu par une petite balade du côté du fort San Pedro. Ce bastion militaire de forme triangulaire a été construit en 1738. Il a été érigé de manière à ce que deux de ses côtés puissent faire face à la mer et le troisième à la terre. Le fort est resté sous contrôle espagnol jusqu’à la cession des Philippines aux États Unis en 1898.
A notre sortie du fort, nous sommes interpellés par un groupe de cinq jolies jeunes Philippines qui nous demandent si elles peuvent être prises en photo en compagnie de Malo (ah, le charme de la jeunesse !) Nous commençons à être habitués à ce genre de sollicitation depuis notre séjour en Indonésie. Mais là, la séance de prise de vues s’apparente plus à une sortie de concert de Justin Bieber. Chacun des selfies s’accompagnant de cris de joie et de sauts en l’air de la part des jeunes filles. Et nous ne sommes pas au bout de nos surprises. Alors que nous poursuivons notre balade dans le jardin attenant au fort, c’est un groupe d’une vingtaine de jeunes filles qui repère notre (beau !) Malo national. Notre traversée du parc s’accompagne de cris et hurlements de la part des jeunes Philippines. Nous, cela nous fait bien rigoler, mais on sent notre jeune ado de plus en plus gêné par la situation.

Du coup, nous écourtons notre balade dans le parc pour aller déjeuner au calme dans un petit restaurant philippin spécialisé dans les grillades situé au coin de la rue.
En début d’après-midi, nous nous apercevons que la queue pour aller voir l’enfant Jésus est un peu moins importante à la basilique. Comme le temps n’est pas folichon, nous décidons du coup de prendre notre place dans la file d’attente. Après une demi-heure de lente procession, nous arrivons enfin devant la fameuse statue vénérée par les Philippins. Au bout de quinze secondes devant la vitre, nous sommes invités par un agent de sécurité à laisser notre place.  Verdict de Malo : « Bon ben, c’est une poupée, quoi…  » On n’a même pas pensé lui demander de veiller sur la fin de saison du Stade Rennais… C’est ballot !
Après cet intermède religieux, nous décidons de remettre le cap sur notre hôtel pour un après-midi au calme. Nous ressentons le besoin de nous poser après nos quinze jours intenses en Indonésie et notre long voyage d’hier. D’autant que nous reprenons la route dès demain pour rejoindre l’île de Bohol. Au menu de cet après-midi : un peu de repos et la mise à jour du blog. Nous ne ressortirons qu’en début de soirée pour aller dîner dans un restaurant libanais. En sortant de table, un message nous apprend que les cousins viennent d’atterrir à Charles de Gaulle. Nous avons l’impression que cela fait (déjà) un siècle qu’on leur a dit au revoir à Jakarta. Eux aussi, ont dû trouver leur voyage retour bien long…

Lundi 12 mars : Traversée vers Bohol avant de poser nos sacs à Panglao (Malo)

Après deux nuits dans la ville de Cebu, aujourd’hui nous avions prévu de mettre le cap sur une autre île, celle de Panglao, reliée par un pont à sa grande soeur Bohol.

Nous nous sommes réveillés assez tôt pour avoir le temps de prendre le petit déjeuner. Une fois le ventre plein, un taxi est venu nous chercher pour nous emmener jusqu’au ferry pour la ville de Tagbilaran sur l’île de Bohol. Nous avons eu de la chance en terme de timing car, à peine nous étions descendus du taxi que nous achetions nos billets et montions dans le bateau. Nous n’avons même pas eu le temps d’attendre !
La traversée a duré environ deux heures. La clim était tellement froide dans le bateau que nous avons été obligés de mettre nos k-ways. En sortant nous avons eu un coup de chaud tellement la différence de température était grande entre le ferry et l’extérieur. Une fois sur le quai, nous avons re-pris un taxi pour aller jusqu’à notre hôtel situé d’après notre guide à 10 minutes de marche de la plage d’Alona Beach, le lieu où sont situés tous les restaurants et les bars de Panglao. Une fois nos affaires dépossées, nous nous apprêtions à partir à Alona quand papa demanda à la réceptionniste quelle était la direction de la plage. Elle nous a répondu « vous n’allez pas y aller à pied quand même! C’est bien à une heure de marche d’ici !!!!! ».
Étonnés, nous commandons deux tuk-tuk pour y aller. Et le trajet a bien duré 15 minutes! Pendant que papa et maman retiraient des sous, je me suis rendu compte que nous avions réservé dans le mauvais hôtel. L’hôtel dans lequel nous avions réservé et déposé nos affaires s’appelle « just chill inn » et celui où nous voulions réserver et situé à 10 minutes d’Alona s’appelle « chill-out guesthouse »… Le mot Chill a dû nous perturber. Nous avons alors décidé d’aller manger pour réfléchir à ce que nous allions faire, et puis, il était 14h quand même !
Nous décidons donc de chercher un nouvel hôtel pour nos deux dernières nuits sur l’île (nous restons 4 nuits et les deux premières sont déjà réservées dans l’hôtel situé loin de la plage). Nous cherchons donc un petit peu, mais, rien de bien intéressant, avec un prix raisonnable. Nous décidons de rentrer et de réfléchir au bord de la mer (oui car, même si la plage d’Alona est à une heure de marche, une autre, toute aussi belle, celle de Libaong est, elle, à 200 m de notre chambre. Nous avons passé la fin de journée à nous baigner, sans avoir réellement trouvé comment résoudre notre problème d’hôtel, même si je pense que l’on va rester 4 nuits ici pour nous reposer au bord de l’eau.

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Mardi 13 : Rentrée des classes (Estelle)

Notre petit hôtel présente l’avantage de sa tranquillité et de sa proximité avec la splendide plage de Libaong. On profite donc de ce qui s’offre à nous et on décide de rester ici. On commence la journée par une bonne séance d’école – comme après chaque période de break c’est toujours compliqué de s’y remettre. Et on file ensuite passer l’après-midi au bord de l’eau. Le temps n’est pas très clément aujourd’hui. Les averses fortes alternent avec les éclaircies. J’observe les 4 boys s’amuser dans l’eau depuis un banc sous une paillote : j’ai mal au dos depuis hier. Je suis bien handicapée et me sens tout d’un coup très vieille. Je prends mon mal en patience, m’étire consciencieusement le soir et croise les doigts pour être un peu plus mobile demain.

Mercredi  14 mars : Comme une histoire sur Bohol (Merlin)

Il était une fois une famille de 5 personnes qui sont aux Philippines. Ils se sont réveillés quand le réveil a sonné. Ils ont pris un petit déjeuner qui consistait en un café, un jus et un plat de riz avec des légumes et du bacon.
Un chauffeur est arrivé pour leur faire découvrir l’île de Bohol.
Ils ont  pris la route pour Chocolate Hills, ce sont des montagnes formées avec du corail. En fin d’été, l’herbe qui pousse dessus brunit et le paysage ressemble alors à des tas de chocolat.

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Pas de temps à perdre, ils ont ensuite filé voir des tarsiers, ces tout petits singes, les plus petits du monde. Ces petits primates ont des oreilles de chauve-souris, des pattes de grenouille, une queue de rat et des yeux aussi gros que leur cerveau.

Après cette découverte incroyable, ils sont allés faire un tour sur un pont en bambou qui enjambait la Loboc River. C’était comme à Capilano au Canada sauf que ça bougeait bien plus.
Ils sont ensuite allés faire de la zipeline, une grande tyrolienne de 500m de long. C’était impressionnant, ça allait vite et ils ont eu peur car l’arrivée était rapide. Ils ont cru s’écraser à l’arrivée.

Pour se remettre de leurs émotions, ils sont allés manger sur un bateau restaurant sur la Loboc River. Un peu touristique comme repas mais assez agréable quand même.
Ils ont ensuite repris la route pour aller dans un petit zoo. Pas terrible comme zoo, que des cages. Ils ont vu des papillons de toutes les couleurs – très jolis… et des serpents. Merlin est rentré dans une cage pour toucher le grand serpent albinos. Personne d’autre n’a voulu tenter l’expérience. Les serpents sentaient le poulet, c’est normal c’est leur nourriture.

Ils ont fini le tour de l’île de Bohol par un arrêt devant une église faite en corail… et qui a été très abîmée par le dernier tremblement de terre d’il y a quatre ans.
Ils sont rentrés à l’hôtel, ont enfilé leurs maillots et ont filé à la plage plonger dans l’eau chaude.
Ils sont rentrés, ont pris une douche et ont mangé des pâtes au thon et des salades. La nuit a ensuite été très bonne.

Jeudi 15 mars : Ecole et plage Jour 2 (Estelle)

Vous vous rappelez la journée de mardi ? Eh bien, on peut prendre le même scénario et recommencer. Cependant, j’ai bien moins mal au dos, la douleur s’est déplacée et va en s’estompant. Je peux donc profiter du lagon avec le reste de la famille.
Nous sommes presque seuls sur cette plage. Quel luxe !
Voilà encore une journée de passée : une séance scolaire efficace (ç’est toujours ça de pris), un déplacement rapide vers l’animée Alona Beach pour déjeuner), un retour souhaité vers la quiétude de notre plage privée… Une belle journée en famille.

Vendredi 16 et samedi 17 mars : le luxe de la vue (Malo)

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Cela fait maintenant 8 mois que nous voyageons et nous avons dormi dans 100 lits différents. Pour fêter ça, nous nous sommes offerts un hôtel un peu plus classe pour 2 jours.

Et oui, il faut bien se faire plaisir des fois ! Chose que nous avons très bien fait durant ces 2 journées dans notre hôtel, avec piscine et vue sur mer. On a aussi fait un peu d’école, histoire de rattraper ce que nous n’avions pas fait en Indonésie avec les cousins, et remis le blog à jour. Notre hôtel était tellement bien placé (juste à coté du « blood compact » la statue représentant un traité d’amitié entre colons espagnols et Philippins durant lequel ils ont mélangé leur sang) que nous avons même eu le droit à une messe qu’on pouvait suivre depuis la piscine…

Dimanche 18 mars : retour à Cebu (Estelle)

On profite de notre bel hôtel jusqu’au bout : les enfants font du petit déjeuner leur déjeuner et de la chambre une vraie salle de classe studieuse (gardons le rythme).
On quitte l’Ocean Suites à midi non sans avoir inscrit dans nos mémoires la superbe vue depuis la terrasse.
Nous montons dans le bateau à 13 h pour deux heures de traversée. Le bateau est bien plein, nous héritons des places devant les toilettes. Mon nez délicat va souffrir pendant deux heures.
Je respire enfin à notre arrivée à Cebu. On rejoint notre hôtel (Main hôtel and Suites), le même qu’il y a huit jours lors de notre première escale dans la city. On travaille un peu, on lit.

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A 18h, on rejoint la société de consommation : le Ayala Mall – un immense centre commercial ouvert 7/7. Bienvenue dans l’univers de la consommation à l’américaine. Un vrai labyrinthe où toutes les grandes marques internationales sont présentes. Au secours ! On veut juste manger. On a faim… nous n’avons rien avalé depuis 9h ce matin. On fait plaisir aux enfants et on jette notre dévolu sur le Burger King.
Le Burger englouti, ça fait du bien et ça change du riz et des saveurs asiatiques… on rentre à l’hôtel. Demain, il faut se lever tôt… on rejoint Palawan.

Les photos

4 réflexions sur “De Cebu à Bohol : tarsiers, chocolate et un peu d’école

  1. Gourmelon dit :

    Ravie de suivre vos aventures, je vous lis avec beaucoup de plaisir et ça me manque quand je reste longtemps sans nouvelles.
    Je suis d’accord que voyager fatigue, car vous cherchez à profiter de l’opportunité de ce projet pour découvrir le monde, pas pour faire des vacances touristiques.
    Vous arrivez dans la dernière ligne droite, trois mois passent vite, à votre retour je serai à nouveau grand-mère d’une petite fille qui va naître dans les prochaines semaines. C’est la vie qui l’emporte toujours, vivons la avec curiosité et ouverture.
    Je vous embrasse tous très fort
    Luz

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  2. Nicole La voisine dit :

    Voilà Malo ce que c’est d’être beau garçon, les filles tombent à tes genoux !!!
    Dans quelques temps tu apprécieras…
    Quel courageux Merlin d’affronter les serpents moi qui suis pétrifiée devant un orvet.
    Saïk tu ne nous fais plus de vidéo ? J’adore tes commentaires.
    J’espère que les douleurs de dos d’Estelle ne sont plus qu’un mauvais souvenir, heureusement Yves reste « l’homme Fort »….hihihi…
    Envoyez nous un peu de chaleur, on vous envie tous sans doute.
    Un nuage de gros bisous de Mamie Nicole.
    La Voisine

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