A Chugchilan, au milieu des Quechuas

Les photos de Chugchilan et Quilotoa

Mardi 29 août : Voyage vers Chugchilan (Estelle)

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Le réveil est rude: couchés à minuit, il nous faut nous lever à 6:30 pour attraper un bus et entamer notre descente vers le sud. Dario, le propriétaire de la guesthouse tenue avec ses parents nous amène au terminal contre quelques dollars. C’est plus confortable pour nous et nos petits dos – d’autant que ce matin, il pleut.
Deux petites heures de bus, et nous voilà arrivés à Latacunga. Saïk saute du bus qui sans prévenir avance de 50m, je sens mon coeur s’affoler : Sasa est seul sur le quai, nous sommes dans le bus. Dès que le bus s’arrête, je saute dehors, et là je vois mon Saik courir vers moi en rigolant comme une baleine : il a trouvé cet épisode imprévu très drôle. Moi un peu moins.
Nous attendons notre bus suivant pendant 1h30, l’attente se passe bien. Malo accroche un spot de wifi, ses petits frères suivent des combats de catch à la TV. Et nous voilà partis pour un trajet annoncé de 2h de bus, il en fera finalement  4h30 vers Chugchilan. Le bus est archi bondé, les vendeurs à l’étalage se succèdent en criant. C’est un peu oppressant. Après une heure de trajet, le bus se vide en partie. C’est plus agréable et cela nous laisse le loisir d’observer le paysage de montagne qui s’offre à nous, encore différent de ceux observés jusqu’alors.

Yves nous a dégoté une super auberge de jeunesse. On s’installe , on se renseigne sur les possibilités de randonnées pour le lendemain et on s‘installe pour manger un pain au chocolat sur la place de l’église de ce tout petit village. Et là, passe devant nous un globe trotteur à vélo, nous l’avions doublé dans la journée en bus, il nous entend parler français et nous lance un bonjour. C’est Anthony de latitudesfood.org, parti depuis janvier et qui comme nous découvre le monde. S’en suit un bel échange autour de nos voyages avant qu’il ne reprenne la route vers Quilotoa pour planter sa tente.  Un au revoir boucle notre échange, en espérant bien le recroiser à nouveau d’ici début janvier.

En rentrant, les enfants entrainent Yves dans une partie de foot : le ballon n’était pas sorti en Equateur. Les garçons de nos h^tes, Grégory et Anthony se joignent à l’équipe. Les Français sont un peu essoufflés, on est quand même à 3200 d’altitude ! C’est l’équipe Saik, Anthony et Yves qui remporte cette manche.
La nuit tombe et la fraîcheur grimpe. La nuit sera froide.

Mercredi 30 août  : Laguna de Quilotoa et randonnée vers Chugchilan (Yves)

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Après une journée de voyage en bus, nous nous fixons comme objectif de relier la lagune de Quilotoa à Chugchilan à pied. Le parcours entre les deux sites ne fait qu’une douzaine de kilomètres sur la carte, mais le Lonely Planète évoque une rando d’au moins 6 heures compte tenu de la difficulté du sentier dessiné dans le cadre majestueux des Andes. Or, nous n’avons jamais marché aussi longtemps avec les garçons et nous ne savons pas si leurs petites jambes les porteront jusqu’à l’arrivée.
Pour ce faire, nous décidons de nous lever aux aurores (5 h 15) afin d’être certains de ne pas rater le bus censé partir de Chugchilan à 6 h. Mais à 5 h 45, alors que nous sommes en train de faire nos lacets, nous entendons le bus passer au bord de la route. La journée commence bien !
L’agent touristique nous ayant dit la veille qu’il n’y avait qu’un seul bus, nous décidons du coup de nous rabattre sur une camionetta (un taxi des montagnes) pour rejoindre Quilotoa. Nous apprendrons le soir qu’il y avait en fait plusieurs bus et que celui de 6 h était juste un peu en retard…
Nous arrivons au sommet de la fameuse lagune située à 3914 m d’altitude peu après 6 h 30. La température ne dépasse pas les 5 degrés et il souffle un vent à décorner les bœufs, mais nous avons le privilège de pouvoir profiter de l’immensité du site rien que pour nous.
La vue sur la lagune est en effet époustouflante. Même si les nuages nous empêchent d’apercevoir le Cotopaxi à l’horizon, le spectacle de cette immense lagune située au fond d’un volcan éteint se suffit à lui-même.
Les habitants de Quilotoa affirment même que le lac est sans fond. En fait, les géologues estiment sa profondeur à 250 m. Mais ce qu’il a de magique, c’est qu’en fonction de l’endroit où on se trouve et des moments de la journée, la couleur de ses eaux changent en permanence.
En revenant vers le village pour nous abriter du vent, nous apercevons la tente et le vélo d’Anthony, le Francais que nous avons rencontré hier à Chugchilan, aux portes de la lagune.
Comme il nous a dit la veille qu’il se levait généralement autour de 6 h 30, nous attendons qu’il se réveille pour débuter notre rando. En attendant, car il fait toujours aussi froid, nous testons la posture du manchot en nous collant très fort tous les cinq les uns aux autres contre un mur de pierres. Mais il faut bien se l’avouer : cette étonnante posture nous a plus offert une bonne séance de rigolade qu’une vraie bouffée de chaleur.
Qu’importe car Anthony est ponctuel. À 6 h 30 pétante, nous entendons s’ouvrir la fermeture de sa tente. Nous qui avons parfois le sentiment de voyager un peu « roots » nous nous apercevons que nous avons encore de la marge…
Nous en profitons pour aller boire un chocolat chaud avec lui. Mais à cette heure, les touristes arrivés la veille ne sont pas encore réveillés et il n’y a pas grand chose d’ouvert à Quilotoa. Nous dénichons finalement une petite gargote enfumée par un poêle tenue par une jeune couple de ravissants quechuas. Le chocolat est excellent et les garçons en profitent pour poser encore plein de questions à Anthony : « Combien de fois es-tu tombé depuis ton départ ? » (aucune) « Pourquoi ne portes-tu pas de casque ? » (Je l’ai donné à un Colombien)…
Après une demi-heure de questions-réponses auprès du poêle, le moment est venu de nous séparer. Anthony s’apprête à reprendre sa descente à vélo vers le sud. De notre côté, nous avons un long chemin à pied qui nous attend.
Dès les premiers hectomètres autour de la lagune, les garçons se mettent en mode randonneurs. Malgré le vent, le froid et le profil très escarpé, chacun trouve son rythme. Malo et Saïk en éclaireurs. Merlin en animateur. Au rythme : D’un kilomètre un pied, ça use les souliers. Mais pas la langue des Gourm Trotters.
Après deux heures à longer la superbe lagune, nous débutons notre  descente en direction de Chugchilan.
Les paysages sont grandioses. Nous sommes à flanc de montagne au beau milieu des Andes. Et pour rejoindre notre chambre d’hôtes, nous allons devoir descendre au fond d’un Canyon où coule une rivière puis ensuite remonter de l’autre côté.
Nous imaginons combien la vie doit être rude ici. Pourtant, il y a bien quelques maisons dissiminées ici ou là.
Au milieu d’un champs, nous tombons sur une femme en train de récolter des fèves. Impossible de lui donner un âge. Nous engageons la conversation avec elle. Elle semble heureuse de nous voir. Elle nous montre les fèves qu’elle vient de récolter et nous en offre immediatement quelques unes pour les ramener chez nous. Puis elle nous montre une autre plante qui pousse au milieu de son champs : c’est du quinoa ! Nous qui en dévorons à longueur d’année sommes ravis de voir à quoi cela ressemble. Là encore,        la vielle dame n’hésite pas une seconde. Elle coupe son plan de Quinoa et nous l’offre pour le ramener chez nous.
Ce n’est pas la première fois que nous dressons ce constat depuis notre arrivée en Equateur. Moins les gens en ont, plus ils sont généreux. C’est une belle leçon de vie que nous devrons nous efforcer de ne pas oublier lorsque nous rentrerons chez nous et retrouverons notre vie de sédentaire.
Un peu plus loin, nous trouvons une autre maison à flanc de colline. Là, ce sont les enfants qui nous interpellent.  Du coup, même si cela fait déjà près de quatre heures que nous marchons, nous décidons de faire un détour pour aller discuter avec eux. Ils vivent dans trois petites granges de pierres. À notre arrivée, trois femmes souriantes sortent des maisons. Nous nous présentons en espagnol, mais nous apercevons en fait que seul le plus grand des garçons parlent espagnol, tous les autres ne comprennent que le quechua. Difficile d’établir une conversation en dehors des sourires et des regards dans un tel contexte. Nous regrettons juste de ne pas avoir glissé dans notre sac à dos au matin, les porte-clés en forme de Tour Eiffel que nous avons emporté avec nous en guise de petit cadeau souvenir !!!
Au fil de notre descente vers le canyon, nous commençons à croiser quelques voyageurs qui effectuent le parcours dans l’autre sens avec leur gros sac sur le dos. Vu le dénivelé, nous les plaignions ! Car Quilotoa n’est pas vraiment tout près.
Après une pause pique-nique au fond du Canyon, nous entamons la remontée vers Chugchilan après 4 h 30 de marche. Cette dernière commence par un mini-drame qui nous fait bien rire. Pour passer de l’autre côté, il faut nécessairement enjamber le petit cours d’eau qui coule au fond du Canyon. Mais de façon incompréhensible, Saïk se prend les pieds dans le tapis et termine la chaussure et la casquette du Stade Rennais dans l’eau !!!!
Cela ne nous coupe pas dans notre élan et les garçons finissent par avaler les deux dernières heures du parcours avec un enthousiasme qui nous ravis. Nous arrivons finalement à Chugchilan à 15 h après 6 h 45 de marche. Fourbus mais heureux. Et convaincus surtout que cette journée restera comme une journée structurante de notre périple.

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