La Mongolie, steppe by steppe, quel bonheur !

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Mercredi 6 juin : On découvre le monastère de Karakorum (Saïk)

Ce jour-là, réveil tranquille pas trop de mal à se lever malgré une nuit pas très paisible car il y a eu des étudiants qui fumaient des cigarettes en parlant fort du coup maman a fini par se lever et est allée leur demander du silence. Après le petit déjeuner habituel  (tartines Nutella, céréale et tout ça), nous avons fait nos sacs à dos, et c’est parti pour une petite visite de la ville de Kharkorin (on dit aussi Karakorum) : Kharkorin était la capitale de la Mongolie, c’est Gensis Khan qui l’a placé ici , à l’entrée de la vallée d’Orkhon.
Il aimait sans doute cette région. Nous avons commencé par aller voir un monastère (les monastères mongole sont différents de ceux qu’on a pu voir avant en Asie du Sud-Est. Les moines ne vivent pas dedans, ils dorment dans leurs yourtes. C’est juste un lieu de prière.

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Nous avons visité le monastère, et nous nous sommes assis sur un banc pour attendre l’heure où les moines prient. De jeunes moines coiffés de bonnets jaunes sont montés sur une petite tour et ils ont soufflé dans de gros coquillages pour appeler les moines à venir prier. Une fois tous les moines rassemblés, il sont rentrés. Les moines les plus expérimentés se sont assis sur les sièges les plus proches du dieu et les débutants se sont mis plus à l’écart.

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Un moine a distribué des documents aux plus expérimentés et ils ont commencé à chanter en tibétain. On les a laissé continuer leurs prières entre eux… ça devait durer jusqu’à midi.
Nous sommes ensuite allés voir un musée dans le monastère historique : Bujin nous a aidés à comprendre un peu mieux le boudhisme.
Ensuite, nous avons pris la voiture pour aller vers une statue de tortue, c’était Gensis Khan qui avait demandé à son Chaman comment on pourrait arrêter la pluie à Kahrkorin, et il lui avait répondu qu’il fallait mettre 4 tortues de pierre aux quatre points cardinaux de la ville pour arrêter la pluie.
On est ensuite allé dans un marché où on a goûté le fromage, c’était bizard et pas super bon – on peut même vous avouer qu’on n’a vraiment pas aimé (un goût de lait rance avec du sucre).

On a aussi pu observer des vendeurs de tabac à priser. Le tabac à renifler se présente dans des petits flacons précieux : chaque homme mongol en possède traditionnellement un. Lorsqu’il est reçu ou lorsqu’il reçoit quelqu’un, il lui présente son flacon légèrement entre-ouvert (> signe que tout va bien pour lui). L’hôte le reçoit de la main droite (très important), se pose un peu de tabac sur le bas du pouce et l’inspire (et nous, enfin les parents, éternuent fort après tout ça !!!) On rend le flacon à son propriétaire légèrement entre-ouvert également. Les flacons sont de toute beauté. Le tabac sent très bon : on y retrouve un peu des saveurs de santal et d’encens hindous.

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On s’est baladé tranquille dans le marché, on est ensuite allé dans un resto où on a croisé un guide français (Robin), qu’on avait rencontré à Oulan-Bator. Il faisait un tour à moto. 

Une fois terminé de manger, on est allé chez le médecin parce que la fille de Bujin (qui nous a rejoint hier soir) toussait. 
On a pris la route vers la vallée d’Orkhon.

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Après deux heures de route nous voilà chez la famille nomade de Baaska et Togui, On a fait une partie de foot sur le plus beau terrain de foot du monde au milieu de la steppe entre deux colines (c’est papa et Merlin qui ont gagné).
Nos hôtes nous avaient préparé du mouton cuit sur des pierres chaudes c’était très bon. C’est un plat très spécial en Mongolie réservés aux invités estimés.  C’est un signe d’amitié envers les invités. Ensuite on leur a montré les vidéos de notre voyage – car chose inouïe il y avait une connexion wifi dans leur yourte !!!!! On leur a aussi montré des photos de notre enfance. On a bien rigolé.

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On a vraiment passé un bon moment tous ensemble. Les parents ont même goûté la vodka ce soir-là.

Et j’ai offert un de mes longs cheveux blonds qui a rejoint le crin des chevaux préférés à l’intérieur de la yourte principale.

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On s’est tous très facilement endormi.

Jeudi 7 juin : Journée tranquille au coeur de la vallée d’Orkhon (Malo)

Nous n’avions rien de prévu en cette matinée du jeudi 7 juin 2018, l’occasion rêvée pour dormir un peu plus longtemps mais aussi pour faire un peu d’école…

Nous nous sommes donc mis à travailler, à peine le petit déjeuner avalé, pour une bonne heure et demie. Au programme des compte-rendus pour le blog, des maths et un peu de français.
Une fois le travail, à peu près, fini, nous sommes sortis, Merlin, Saïk et moi, jouer un peu au foot, tandis que les parents continuaient à écrire pour le blog et à trier les photos.

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Notre matinée s’est donc résumée à ça, étant donné que le repas était servi au moment du but final inscrit par moi-même. Pour être honnête, je ne me rappelle plus du contenu de notre assiette lors de ce repas (surement un plat à base de viande de mouton et de pâtes, comme la plupart du temps en Mongolie). Je me rappelle juste que dans la marmite devant nous cuisaient les entrailles du mouton tué le matin. Cela sentait fort : on nous a d’ailleurs fait croire que c’était notre repas du soir.

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C’est, en tout cas, le ventre plein que nous avons quitté la yourte familiale pour aller voir une chute d’eau située à une vingtaine de kilomètres. Attention 20 kilomètres en Mongolie, ne correspond pas à un quart d’heure de route, comme en France, mais plutôt à trois quart d’heure étant donné l’état des pistes en Mongolie et plus particulièrement dans la région.
Et devinez quoi, il n’y avait plus d’eau! La rivière était à sec… et donc la chute d’eau également. (Les Mongols attendent avec impatience l’arrivée de la pluie) Mais bon, cela ne nous à pas vraiment empêché à profiter du lieu, assez sympa.

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Nous avons marché une bonne heure autour de la chute d’eau. Pour rentrer, nous avons fait le chemin inverse de celui de l’aller : à nouveau 45 minutes de route.
Une fois rentrés, nous avons commencé une partie de foot, que nous avons stoppé pour aller faire un tour en cheval. Je ne suis pas, à la base, très à l’aise sur un cheval, mais là… c’était encore pire. Ma monture (ou peut-être moi aussi) faisait n’importe quoi… Après le soulagement, de la descente du cheval, nous sommes allés nous doucher/baigner dans la rivière coulant à cent mètres de nos yourtes.

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En remontant, de la rivière, nous avons croisé la mari de Bujin, notre guide, accompagnant, lui-aussi deux touristes québécoises, mais aussi l’ancien footballeur Per Køldrup. Quoi, vous ne le connaissez pas ??? Pour dire la vérité, son nom et son visage ne nous disait rien nous non plus, mais il nous a ensuite dit qu’il était joueur de foot professionnel (à la retraite depuis 5 ans). Pour les connaisseurs, il a joué plus de 200 matchs en série A, dans les clubs de la Fiorentina et de Udinese (championnat italien) et cumule 33 sélections en équipe nationale du Danemark. Il profite de sa retraite confortable de footballeur pour voyager et a pu nous donner des infos sur le transsibérien qu’il a pris il y a un mois. Bref, en tant que fans de foot, c’était un peu le rêve pour nous ! Nous avons passé la soirée a jouer au foot avec lui, avant et après le repas.

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Vendredi 8 juin : Chut ! Ça tourne au monastère de Tovkhon (Estelle)

On quitte ce matin la famille de Baaska et les autres voyageurs rencontrés hier. Bien sûr les gars, les quatre (sans exception) redemandent des échanges verbaux et de ballon avec Per. Il s’y prête bien volontiers. Il semble apprécier autant que les garçons ce partage. Il s’intéresse à ce qu’aiment les enfants, ce que nous faisons quand on ne voyage pas. Lui il ne travaille pas … vit tranquillement de ses rentes et voyage beaucoup.

Cette rencontre était celle qui nous manquait avant d’aborder le mondial. Je m’explique : nous avons visité deux des trois adversaires de la France : le Pérou et l’Australie. Nous venons de rencontrer un illustre représentant du Danemark. On le tient ! Le groupe C. Les heureux hasards du voyage…

On s’est promis de se revoir si Rennes affronte une équipière danoise lors de la prochaine phase de poule de la Ligue Europa.

Hamal est repartie marcher dans la steppe pour sa dernière journée ici. Cette maman parisienne de 3 enfants s’est lancée dans une belle aventure humanitaire : marcher pour récolter des fonds afin de financer l’opération cardiaque d’un enfant congolais. (stepsforheartbeat : https://www.facebook.com/stepsforaheartbeat/). Son énergie est débordante et rayonne sur tout le joli groupe qui s’est formé tout naturellement entre nous les 9 voyageurs (Per le Danois, Hamal la marcheuse au grand coeur, deux gentilles Québécoises Manon et Marie-France et nous les cinq Gourm’trotters) les guides et chauffeurs (au nombre de 5) et la famille mongole de Baaska et Toguy et leurs deux enfants.

C’est l’heure de se dire au revoir avec beaucoup de simplicité et de sincérité.

Toguy n’oublie pas de lancer au vent une louche de lait lors du départ de notre voiture. Ça porte traditionnellement bonheur aux visiteurs qui s’éloignent.

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On met le cap sur le monastère de Tovkhon, à une 30 vingtaine de kilomètres d’ici.

On descend de voiture pour passer le pont précaire enjambant la rivière Orkhon. La voiture passe d’abord, on suit derrière… et on découvre l’extrême vétusté du pont.

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Un moment de stress pour Rdeka notre chauffeur… il va pouvoir se reposer aujourd’hui. Il nous dépose au pied du mont que nous gravissons à pied … 2,5 km d’ascension en sous bois ombragé. Un joli tapis de fleurs pré-estivales illumine le terrain.

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On déjeune d’un pique-nique rapide au pied du monastère. Ce site religieux désigné par Zanbazar le premier grand maître bouddhiste mongol, respire la simplicité et l’authenticité.

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On s’y croît seuls au monde. Pourtant quand on grimpe jusqu’au site sacré on tombe sur une équipe de tournage de film en pleine action. On reconnaît même un acteur aperçu dans un film mongol l’autre jour sur une télé au bateau milieu de la steppe.

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On passe un petit moment à regarder l’équipe travailler. Tout le monde est attentif, c’est une découverte pour les enfants.

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On entame ensuite notre descente pour rejoindre Rdeka. Merlin ramasse des bouts de bois. Inspiré par une histoire mongole lue le matin même, il s’est mis en tête de construire une guitare traditionnelle mongole.

Nous devions ensuite rejoindre au pied de la montagne le campement d’une famille nomade. Mais la famille n’est pas là : elle doit avoir déménagé. Pas de souci : il y a des yourtes d’hôtes à proximité.

On pose nos sacs dans un petit camp de yourtes d’hôtes en plein aménagement. Le montage des yourtes n’a plus de secret pour nous ! On hérite d’une grande yourte. Malo et Yves trouvent que les lits penchent beaucoup ici…

Un panier de basket trône dans ce lieu improbable.

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Après avoir développé notre football sur le plus beau terrain du monde ces derniers jours chez Baaska, on se lance dans un jeu de basket autour de ce panneau planté dans un décor de rêve. Je fais appel à ma lointaine expérience de coach de basket pour trouver un jeu adapté à tous. Le 321 semble le jeu adéquat quand on ne dispose que d’un ballon de foot et que le sol est instable.

Malo excelle… et je me rends compte que je manque cruellement d’adresse et de pratique. Cela doit faire presque 20 ans que je n’ai pas touché un ballon de basket > que le temps passe vite.

Pendant ce temps, Merlin le luthier mongol nous fabrique une très belle guitare.

On dîne tranquillement au rythme de la musique de Merlin.

On file ensuite au lit… sous notre yourte penchante.

Samedi 9 juin : En route pour les sources chaudes de Tsenkher (Merlin)

On a eu on peu de mal à se réveiller ce matin. Il faut dire qu’on n’a pas très bien dormi. Déjà, il faisait très froid, mais en plus les lits n’étaient pas du tout confortables. Le mien ressemblait à une cote de maille toute pourrie. Et il manquait une planche à celui de Malo et de ce fait il y avait un gros trou au milieu. Du coup, on a décidé de dormir directement sur le sol de la yourte. Mais comme cette dernière était en pente !! j’ai roulé jusqu’au poêle. Du coup, même s’il y avait un panier de basket à côté, on vous recommande pas trop cette yourte d’hôtes.

Après le petit déjeuner, nous avons repris la route. Nous avons prévu d’aller passer les deux prochaines journées près des sources chaudes de Tsenkher. Je n’ai pas trouvé que la piste était trop cabossée. On a écouté de la musique avec papa.

Au milieu du chemin, on s’est arrêté dans une plaine où il y avait plein de vautours qui tournaient autour du cadavre d’une bête. Mais ils ne pouvaient pas aller le manger car il y avait déjà un chien qui prenait son repas. C’était vraiment impressionnant. Il y avait une vingtaine de vautours qui volaient juste au dessus de nos têtes. Ils faisaient trois mètres d’envergure. Au bout d’un moment, ils ont fini par chasser le chien.

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Puis on a repris la route. C’était beau car il y avait plein de troupeaux un peu partout et beaucoup de chevaux. Bujin nous a expliqué que dans cette partie de la Mongolie, les familles ne vivaient pas toutes seules contrairement à celles du Gobi. Ici, il arrive souvent que deux ou trois familles partagent le même campement. Et que c’est pour cela que les troupeaux sont plus gros.

On est arrivé vers midi à Tsenkher. Surprise, il y avait des bains d’eau chaude directement alimentés par les sources dans le camp de yourtes où on logeait. 

Comme cela faisait quatre jours qu’on ne s’était pas vraiment lavé, on en a bien profité. On est resté vingt minutes sur les sièges dans l’eau à 37 degrés. C’était trop bien 👍

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Puis, on est allé manger. C’était bon sauf le dessert qui avait un goût de savon. Mais Malo a aimé. Il en a même mangé deux !

Après une petite sieste, on est allé se promener dans la forêt à côté des sources chaudes (ici, l’eau sort de la terre à 83 degrés). Je ne voulais pas aller trop loin car j’avais un peu peur qu’on se perde et qu’on ne retrouve plus chemin pour rentrer à la yourte.

On s’est promené au milieu des conifères et j’ai cueilli un bouquet de fleurs pour maman.

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Après, on est revenu à la yourte. Papa, maman, Malo et Saïk ont décidé de retourner prendre un bain dans la piscine d’eau chaude. Moi je suis resté à la yourte améliorer l’instrument de musique que j’ai fabriqué hier. J’adore le bricolage.

En fin d’après-midi, on s’est tous retrouvé sous la yourte de maman et papa pour jouer à Uno. On a appris à Rdeka, Bujin et à sa fille les règles du jeu. Rdeka a vite compris car il a gagné trois parties. Mais moi j’étais très content car j’en ai gagné une aussi.

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Puis, on a fini la journée autour d’un bon repas. À la fin du dîner, j’ai chanté la chanson Rosie de Francis Cabrel que j’avais appris dans la voiture ce matin. Et Saïk a chanté le début de Je suis de Bigflo et Oli. Puis, on est allé se coucher.

Dimanche 10 juin : Aujourd’hui on se repose (Estelle)

On a aujourd’hui un vrai programme de dimanche, c’est-à-dire rien au programme. Du repos et du temps pour profiter de la tranquillité des sources chaudes.

Nous logeons pour deux nuits dans un camp touristique > ce qui signifie un peu plus de confort sous la yourte (matelas et draps), deux yourtes pour cinq et des douches. On apprécie cet instant confort.

Le restaurant local est aussi très bon… On fait une pause mouton pour des plats à base de boeuf ou de yaks.

Après un bon petit déjeuner, on se met au travail : un peu d’école et des comptes rendus pour le blog. On arrive à garder le rythme, on ne va pas lâcher si près de la fin. Et puis il se passe tellement de choses en Mongolie, on vit des moments si singuliers, on découvre des tranches de vie si extraordinaires qu’on a besoin de les coucher sur papier pour en garder un juste souvenir.

Le temps s’écoule tranquillement, on apprécie maintenant tous les 5 ces moments où le temps nous appartient. On lit, on rêve, on joue, on dort. Ce sera un des enseignements du voyage : savoir s’ennuyer, profiter du temps qui passe, se détacher des horaires et d’un emploi du temps programmé.

Les Mongols des steppes vivent d’ailleurs sans montre, pas d’heure ni d’impératifs… mais ils prennent le temps pour faire leurs activités sans s’affoler. La rentabilité n’est pas le maître mot ici.

La journée d’aujourd’hui est un parfait exemple de ces journées où on ne fait rien mais pendant lesquelles on se sent tellement vivants et maîtres de nos vies.

Entre deux bains dans les eaux chaudes et souffrées, on s’accorde une balade familiale dans la forêt de résineux à flanc de montagne. Et on finit l’après-midi autour d’une partie  de Uno avec Bujin et Namceu, sa fille (on tente d’appendre les chiffres et les couleurs en mongol > c’est très dur. Nos deux langues n’ont aucune racine ni aucune sonorité en commun. C’est une langue très gutturale qui sort du ventre.)

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En parlant de ventre, il arrive 20 heures et l’heure de se mettre à table. C’est toujours très bon : la cuisinière sait satisfaire nos papilles occidentales. On profite encore une fois d’un très bon repas. Merlin et Sasa finissent le repas avec un concert improvisé. La guitare mongole de Merlin sonne toujours très bien.

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Lundi 11 juin : On reprend la route… direction Ulziit (Yves)

C’est presqu’un rituel désormais. Après une journée de pause bienvenue, nous reprenons la piste ce matin. Nous sommes attendus ce soir par une famille d’éleveurs nomades dont le campement se trouve à 170 km plus à l’est.

Il est un peu plus de 9 h lorsque nous laissons derrière nous Tsenkher et ses sources chaudes. Mauvaise surprise, deux de nos comptes Deezer nous réclament une mise à jour, ce que nous ne sommes dans l’impossibilité de faire puisque cela fait une semaine que nous n’avons pas aperçu l’ombre d’un spot wifi à l’horizon, si on excepte la soirée chez Baaska et Togui où nous avions juste connecté l’ordinateur pour leur montrer nos vidéos. Tant pis, on se passera de musique pour la route. Ce séjour en Mongolie est un véritable hymne à la déconnexion. À quatre jours du coup d’envoi de la Coupe du monde, on ne connaît même pas le résultat des derniers matches amicaux des Bleus. C’est vous dire !!!

Après une heure de route, nous nous arrêtons dans un petit village pour faire quelques emplettes pour le pique-nique. C’est toujours un peu la même chose avec les supérettes mongoles. Quand on rentre, on a l’impression que les rayons sont plein à craquer et qu’on va forcément y trouver son bonheur. Et, quand on s’y balade un petit peu, on se rend compte qu’il est plus facile de trouver ce dont on n’a pas besoin, que ce que l’on cherche vraiment. Bilan des courses : on s’était mis en tête de dénicher un déjeuner sortant un peu des sempiternels sandwiches au thon de nos précédents pique-niques. Et nous quittons la supérette avec un morceau de pain, une boîte de thon et… un jeu d’échec (!) sous le bras ! Tout va bien 😊 

Ce qui ne nous empêche pas d’apprécier notre pause déjeuner au milieu de nulle part deux heures plus tard. L’immensité des steppes et l’étonnant silence qui les habite ont quelques choses de fascinant pour ne pas dire d’hypnotique. Les grands espaces mongols pourraient bien hanter nos nuits de longues semaines encore après notre retour en France…

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Après une rude journée de piste, nous arrivons finalement à Ulziit en milieu d’après-midi. Après quelques détours dans la steppe, nous finissons par trouver le campement d’Atronbat et d’Aki au pied d’une colline. Première surprise, nos hôtes sont hypers jeunes (24 et 25 ans). Deuxième surprise, le campement est pour le moins… rudimentaire. Deux yourtes, une étable, une vielle moto en pièces détachées, et c’est à peu près tout. Aki qui nous a préparé des boortsog (une espèce des bottereaux mongols) en guise de cadeau de bienvenue en est presque désolée.

« Normalement, nous devrions avoir déjà installé notre campement d’été au bord de la rivière, nous explique elle. Mais, on n’a pas vu un goutte de pluie depuis le début de l’année et le seul endroit où il reste encore un peu de pâturage pour notre troupeau, c’est là-haut sur la colline. Nous déménagerons quand la pluie arrivera. » 

La maigreur des animaux (en particulier des chevaux) ainsi que l’aridité du sol nous font espérer que cette dernière ne tarde plus trop désormais…

En attendant, nous découvrons qu’Aki et Atronbat nous ont, en fait, laissé la yourte dans laquelle ils vivent traditionnellement en compagnie de leur fils de 5 ans et… du papa d’Aki, pour rejoindre la seconde yourte du campement où s’entasse déjà la famille de sa sœur. Même dans des conditions hostiles, l’hospitalité des nomades prend toujours le pas sur le reste. 

Pour les aider dans leur travail, nous leur proposons d’aller chercher le troupeau que l’on aperçoit en train de brouter tout en haut de colline afin de les avancer pour la traite. Mais après une journée de voiture, les garçons aspirent tellement à se défouler qu’ils attaquent l’escalade bille en tête sans trop se poser de question. Résultat : non seulement notre Sasa national aborde le troupeau à rebrousse-poil, ce qui a vocation à éparpiller les bêtes. Mais en plus, Merlin se retrouve tout à coup coincé au sommet de la colline (vraiment à pic) sans savoir comment redescendre. Heureusement, Malo veille au grain, et ramène, seul, le troupeau à la bergerie pendant que je m’occupe d’aller récupérer Merlin.

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Les garçons se montreront plus efficaces lors de la traite. Saïk qui s’est fait la main, il y a deux semaines lors de notre escale chez Mindé, prend la direction des opérations. Pendant que ses deux frères tiennent les bêtes par les cornes, ce dernier s’occupe de traire les chèvres une à une avec un enthousiasme et une application qui font plaisir à voir.

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Après la traite, nous nous retrouvons avec toute la famille nomade sous la yourte. Nous y assistons alors à une scène incroyable, symbole du poids des traditions dans la culture nomade. Le petit garçon de la sœur d’Aki a des boutons dans la bouche qui le font souffrir. Un des oncles de l’enfant chevauche alors son cheval et se lance dans une session de galop d’un quart d’heure dans la steppe environnante. À son retour, il s’empresse d’enlever de la bouche de son cheval le mors fumant et dégoulinant de salive pour le glisser dans la bouche du petit. 

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Pour que le remède soit efficace, il faut impérativement que ce soit l’oncle de l’enfant qui réalise l’opération. 

Depuis que nous dormons dans les familles nomades, nous avons peu à peu appris à tenir compte du poids des traditions. Pour ne pas attirer les mauvais esprits, il faut toujours rentrer du pied droit dans la yourte et il ne faut jamais poser le pied sur le seuil d’entrée (ce que Merlin a beaucoup de mal à faire). De même, il est interdit de passer entre les deux poteaux centraux de la yourte et il faut toujours saisir les objets que l’on nous présente (assiette, tasse, tabatière…) par la main droite.

Mais nous n’avions pas encore vécu une scène aussi intense que ce soir. On a beau sentir très fort la chèvre (c’est pas encore aujourd’hui qu’on va trouver de l’eau pour se laver…), on est heureux d’avoir pu partager ce moment en compagnie de la famille d’Aki et d’Atronbat.

Au petit matin, la sœur d’Aki nous dira d’ailleurs que si son petit a beaucoup pleuré pendant la nuit, ce dernier se porte beaucoup mieux désormais… 

De notre côté, notre vocabulaire s’est encore enrichi de deux nouvelles expressions. Depuis que nous avons quitté Oulan Bator, nous avons en effet appris à vivre sans toilette. Dans certains camps nomades, Il existe parfois un trou assez loin du campement qui fait office de WC (on vous épargne la description, il suffit de suivre les mouches…) Dans les autres, il nous faut trouver un endroit assez discret dans la steppe pour satisfaire à nos besoins naturels. Quand on sort de la yourte, il suffit juste de dire à ses hôtes que l’on va voir son cheval (pour la petite commission) ou que l’on va chasser un ours (pour la grande commission). 

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Mardi 12 juin : On descend de la montagne à cheval (Malo)

Après avoir eu une première expérience équestre (plutôt mitigée pour moi) cinq jours auparavant, nous allons, aujourd’hui, remonter sur un cheval dans la steppe, aux alentours du village d’Ulziit.

Mais avant ça, il fallait bien se remplir le ventre! Nous avons donc mangé un bon petit déjeuner avant de choisir nos montures.
Personnellement, je n’aime pas trop le cheval. Je trouve ça inconfortable et dangereux, mais bon… nous sommes en Mongolie et, si il y’a un endroit où faire du cheval, c’est bien ici!
Nous sommes donc partis, avec le père de la famille nomade, pour une balade de deux heures. Nos chevaux étant un peu plus calmes et obéissants que la dernière fois, nous avons vraiment pu en profiter. J’ai même fait du galop! (Bon, heureusement que la steppe était suffisamment grande car j’ai mis au moins un kilomètre à m’arrêter…). Cette balade m’a presque réconcilié avec le cheval, mais le mal de fesses a ensuite pris le dessus.

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Nous avons bien remercié notre guide pour cette balade très sympa et nous nous sommes posés un peu dans notre yourte avant le repas. Le ventre plein, nous avons fait une petite sieste en jouant aux échecs et en lisant.
Bujin est ensuite arrivés avec cinq autres Mongols pour jouer au Uno. Nous avons déjà converti à ce jeu notre guide et sa fille ainsi que notre chauffeur. Ils ont même appris les couleurs et les chiffres en français, et nous ont a appris les mêmes choses en mongol. Après avoir joué pendant une heure et demie, nous sommes allés à la rivière, située à quelques kilomètres, pour nous laver et jouer un peu. En rentrant, nous avons diné et fait la traite des chèvres, sans doute pour la dernière fois de notre voyage en Mongolie.

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Mercredi 13 juin : On rencontre les chevaux sauvages de Przewalski (Saïk)

Aujourd’hui dernier matin dans la steppe, on a pris un petit déjeuner et on a pris la route pour rejoindre le parc réserve khustai où vivent les chevaux sauvages de Przewalski.

À peine montés dans la voiture, je demande d’ailleurs si je peux aller voir mon cheval.  Vous aurez tous compris ce que ça signifie. Ah, ah, j’aime bien cette expression pour dire que j’ai besoin de faire pipi.
La route était longue mais les paysages magnifiques ont contribué à rendre le temps moins long.
Après avoir bien roulé, on est allé manger dans une cafétéria où il y avait plein de moucherons dehors mais ce n’est pas le plus important. L’info principale, faut que je l’écrive en majuscules sinon vous n’allez pas me croire : il n’y avait PAS DE FRITES, c’est incroyable en France il y en a toujours des frites dans une cafétéria.

On y a mangé du poulet, qui n’était pas terrible et à mon avis il devait être 100% OGM vu la taille des cuisses.
Après avoir mangé, nous avons continué la route pendant une heure jusqu’à l’entrée du parc.
On a vu un musée sur l’histoire des chevaux. Un certain Przewalski a ramené quelques chevaux dans les zoo en Europe. Cette action peut vous paraître mauvaise mais c’est un coup de génie. Pendant que les autres chevaux sauvages mouraient par le froid et par l’action humaine (chasse pour le crin très recherché sur les marchés), ils broutaient tranquille posés dans les zoo. Bref, à cause des chasseurs, l’espèce a disparu dans la nature. Dans les années 90, on a réintroduit 75 chevaux captifs dans leur espace naturel et sauvage.  Maintenant, ils sont plus de 350.

On est ensuite allé à un chenil de chiens mongols (des chiens destinés à ne pas lâcher le troupeau d’une semelle).

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En fin de journée vers 18h30, on s’est enfoncé dans le parc pour aller observer les chevaux.
On a eu la chance d’en voir une belle collection. Ces chevaux sauvages sont plus petits et ont un museau plus arrondi que les chevaux domestiques. Ils sont également tous de la même couleur – un peu caramel.
Cétait beau : ils marchaint, trottaient et galopaient. Ils descendaient les montagnes par petit groupe et buvaient dans la rivière.
Après ce riche spectacle, on a quitté le parc escortés par une population très importante de marmottes dodues. Nous avons rejoins la famille nomade chez qui nous devions dormir. 

Nous avons été très bien accueillis par cette famille avec trois jeunes enfants. Leur campement est très joli, au bord de la rivière.
Nous avons mangé des raviolis et nous avant d’aller nous coucher nous avons dû combattre un essaim de grosse mouches noires qui fait pris possession de notre yourte. La bataille gagnée, on s’est endormi pour une dernière nuit sous la yourte.

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